Tendons la main aux plus jeunes

En France, 24% des personnes détenues en 2015 avaient entre 18 et 25 ans... alors que cette tranche d'âge ne représentait que 12% des adultes.
02
déc
2016
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L’Îlot vient en aide à des hommes et des femmes de tous âges, et constate que l’on peut s’en sortir aussi bien à 50 ans qu’à 20 ans.
Mais pour certains, que de temps perdu dans un enchaînement d’incivilités et d’infractions, d’incarcérations et de récidives !

Avec votre soutien, l’association teste de nouvelles méthodes, dédiées aux plus jeunes.
 

Un « déclic » qui se fait parfois attendre

Sans réelle volonté de changer, et parfois de se soigner, impossible de se réinsérer.

Certaines des personnes accueillies par l'Îlot ont le "déclic" pendant leur détention, comme Sabrina. Mais ce "déclic" se produit parfois au bout de plusieurs peines... Joseph, hébergé à Chemin Vert en 2015, parle d’un « choc », alors qu’il écopait d’une troisième peine. Pour lui, c'était une question d'âge... Ainsi, trop souvent, le déclic vient tard et les personnes accompagnées par l’Îlot éprouvent un sentiment d’urgence.

Alors, bien sûr, l’Îlot est là pour les aider à rattraper le temps perdu, hiérarchiser les priorités et prendre un nouveau départ... mais s’il était possible d’éviter toutes ces années d’errance, et parfois ces allers-retours entre la prison et la rue ?
 

Le projet de l’Îlot pour intervenir au plus tôt

En partenariat avec le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de Seine-Saint-Denis et des Juges d’Application des Peines, l’Îlot a monté un programme innovant d’accompagnement pour des jeunes de 18 à 25 ans.

Ces jeunes, orientés par la Justice après une énième interpellation ou condamnation, courent le risque d’une première incarcération et se voient proposer un aménagement de peine... à condition d’accepter d’être accompagnés dans la construction d’un projet professionnel. Il s’agit de prévenir, lorsqu’il en est encore temps, l’enchaînement de courtes peines et de récidives. Le programme proposé dure 2 mois, sous la forme d’ateliers collectifs et d’entretiens individuels.

En octobre, une première session d’accompagnement a débuté à titre expérimental, pour 6 jeunes bénéficiant d’un aménagement de peine. Avec l’appui de l’Îlot, ils ont 8 semaines pour renouer avec les institutions et avec l’écrit, mais aussi - surtout - reprendre confiance et se projeter dans le métier de leur choix, avant d’être accompagnés s’ils le souhaitent dans leurs démarches de formation et d’accès à l’emploi.

 

 

Pour aller plus loin : la qualification

Au-delà d’une bonne orientation, c’est d’une qualification reconnue qu’ont besoin les plus jeunes lorsqu’ils cherchent un emploi, sans autre expérience que leurs antécédents judiciaires.

Dans ce domaine, l’Atelier Qualification-Insertion de l’Îlot a fait ses preuves. Devant l’ampleur des besoins, l’Îlot a souhaité étendre cette méthode d’accompagnement dans d’autres régions et sur d’autres métiers.

Et dans un premier temps c’est à Amiens, au sein des Ateliers de l’Îlot, qu’un nouveau parcours qualifiant a été lancé. La première promotion s’est achevée cet été, et une seconde promotion débute à présent, grâce au soutien des donateurs de l’Îlot, qui couvrent un tiers du budget. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.

 

A lire dans les Nouvelles de l'Îlot de décembre 2016 : comment l'Îlot tend la main aux plus jeunes.