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Témoignages
Dans une pancarte de format BD, le nom "Association Le Mail"

L'association Le Mail

partage nos préoccupations

"On sait que des produits circulent en prison. On sait aussi que pour certains, la prison est l’occasion d’arrêter. Mais lorsqu’on sort, les sollicitations sont nombreuses..."
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Mme L. est éducatrice spécialisée. Employée par l'association Le Mail, elle travaille en partenariat étroit avec l'Îlot...

Pouvez-vous nous présenter votre association ?

 

L’association Le Mail s’adresse aux personnes souffrant d’addiction(s) et leur apporte son soutien pour rompre ou réduire leur dépendance à l’alcool, aux produits stupéfiants, voire au jeu.

Elle intervient à Amiens et dans toute la Somme, avec :

  • des actions d’information et de prévention auprès des jeunes et dans les milieux festifs ;
  • des actions de « réduction des risques » auprès des personnes toxicomanes, pour leur éviter de contracter des maladies infectieuses (sida, hépatites…) ;
  • des consultations ouvertes ou un accompagnement renforcé pour toutes les personnes qui souhaitent réduire ou faire cesser leur(s) addiction(s) en Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA), mobile ou avec hébergement.

Parmi les personnes accompagnées tous les ans par Le Mail, certaines viennent de leur propre chef, parce qu'elles peinent à s’en sortir seules. D’autres obéissent à une obligation de soins dont le non-respect peut (re)conduire en prison. Elles représentent une grande partie du public de l’association.

En tant qu'éducatrice spécialisée, j'interviens aussi bien en maison d'arrêt qu'à l'extérieur, pour aider les personnes qui le souhaitent à "décrocher".

 

D'où vient le partenariat entre Le Mail et l'Îlot ?

 

En 2011, l’association s’est saisie d’un appel à projets de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie (MILDT) pour amorcer le dialogue avec les différents centres d’hébergement d’Amiens et de sa région, qui manquent d’expertise et de moyens pour faire face aux problèmes d’addictions.

C’est finalement avec la maison d’accueil des Augustins que le partenariat s’est formalisé : nous avons un vrai public en commun... Cela fait maintenant un an que j'apporte mon soutien à l’équipe des Augustins.

 

Concrètement, comment ça se passe ?

 

Je participe, une fois par mois, à la réunion d’équipe pour réfléchir à l’accompagnement et à la prise en charge des personnes hébergées. Sans trahir la confidentialité de mes entretiens avec les personnes accueillies, mes échanges avec l'équipe permettent de prévenir les ruptures de soins à la sortie de prison et d’orienter les résidants vers le bon interlocuteur.

Depuis quelques mois, je reçois aussi en entretien, dans la maison d'accueil des Augustins, tout nouvel arrivant sortant de prison. C'est l'occasion pour moi de présenter Le Mail et d'échanger avec la personne accueillie sur son rapport à l'alccol et à d'autres produits. Comme je rencontre tout le monde, personne n'est "pointé du doigt". Et les personnes qui en ont besoin osent plus facilement, ensuite, demander de l'aide...

On sent que les résidants poussent plus facilement notre porte. Ils se sentent davantage soutenus, parce qu’ils savent que nos deux associations travaillent en lien. Je leur explique que je suis là pour les aider à conserver leur place en hébergement, c’est quelque chose qu’ils comprennent.

On sait que des produits circulent en prison. On sait aussi que pour certains, la prison est l’occasion d’arrêter. Mais lorsqu’on sort, les sollicitations sont nombreuses, surtout dans une petite ville comme Amiens, où tout le monde se connaît. A la sortie, il y a d’abord la tentation de faire la fête, puis pour beaucoup le choc de la réalité, les difficultés de logement ou d’emploi… qui sont autant de facteurs de rechute.

En prison, j’entends souvent de la part des détenus : " j’ai compris, j’y retournerai pas", mais les murs ne consolident pas l’arrêt. Il faut ensuite beaucoup de volonté pour "maintenir le cap"...

 

Pour aider d'anciens détenus à maintenir le cap de leurs bonnes résolutions, faites un don à l'Îlot.

Témoignage recueilli le 17 juin 2014