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Témoignages

Wilson

"Je ne peux pas dire qu’un changement en particulier m’a frappé. J’étais surtout content d’être dehors. Mais quand même dans les transports, ça m’a fait bizarre de voir tous les téléphones, tout le monde avec un truc dans les oreilles."
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En Placement sous Surveillance Electronique (PSE) pendant 4 mois à Chemin Vert, Wilson vient d'obtenir le titre professionnel de préparateur de commandes. Il se prépare pour une nouvelle vie...

Je suis arrivé ici, à Chemin Vert, le 1er mai.

J’aurais préféré être accueilli chez mes parents, mais j’ai choisi de demander un aménagement de peine à l’Îlot, pour augmenter mes chances : j’avais bien vu que les demandes d’aménagement de peine à la maison étaient plus souvent refusées que les autres.

Dans ma demande d’aménagement, j’ai coché les deux aménagements possibles à Chemin Vert : la libération conditionnelle ou le bracelet. Bien sûr c’est la libération conditionnelle que j’aurais préféré, mais l’essentiel, c’était d’obtenir l’aménagement. Et quand je suis passée devant la Juge, c’est elle qui a décidé d’abord quatre mois de bracelet électronique avant la libération conditionnelle.

Heureusement que j’avais une formation… ça m’a aidé à supporter le bracelet.

Je suis sorti le 1er mai. C’était un samedi et je devais mettre le bracelet le mardi, juste le jour où commençait ma formation de préparateur de commandes avec l’AFPA. Je suis quand même arrivé le samedi à Chemin Vert, en permission de sortie. On m’a montré ma chambre, j’ai installé mes affaires… Et le mardi je suis allé au SPIP pour qu’ils posent le bracelet. C’est un anneau en plastique qu’ils posent à la cheville avec un petit outil spécial. Ça va, le mien n’était pas trop serré. Je suis reparti avec le boîtier que j’ai mis dans ma chambre. Ensuite, quelqu’un est venu paramétrer le boîtier, pour que je puisse descendre au réfectoire ou dans la buanderie sans que ça sonne en dehors de mes horaires de sortie. J’étais autorisé à sortir de l’Îlot entre 7 heures et 19 heures en semaine. Les horaires avaient été calculés en comptant le temps de trajet pour ma formation.

Quand on a le bracelet, on ne veut pas que les gens le voient alors on met tout le temps des chaussettes par-dessus, au cas où le pantalon remonte quand on s’assoit… même si beaucoup de gens ne doivent pas savoir ce que c’est, en fait ! Je m’y suis bien fait. Après une longue peine, c’était le contrat.

Pendant ces quatre mois j’étais en formation. Ces quatre mois sont passés moins vite que la prison, finalement…

Dehors, beaucoup de choses avaient changé. Je suis tombé en 2000 et je suis sorti en 2016 alors forcément ! Je ne peux pas dire qu’un changement en particulier m’a frappé. J’étais surtout content d’être dehors. Mais quand même dans les transports, ça m’a fait bizarre de voir tous les téléphones, tout le monde avec un truc dans les oreilles. Je ne sais pas si c’est pour écouter de la musique ou pour s’isoler… alors qu’en sortant on a envie de partager des choses avec les gens !

J’ai passé l’examen il y a deux semaines et on m’a retiré le bracelet. A la fin, c’était à moi d’apporter le boîtier au SPIP et quand je suis arrivé on m’a tendu une paire de ciseaux pour le couper. Même pas un outil spécial, juste des ciseaux. D’abord je suis retourné à l’Îlot et je suis tout de suite allé voir ma famille…

Pendant tout le temps que j’ai porté le bracelet, comme j’étais en formation, ça ne m’a pas trop pesé. L’échéance que j’avais en tête, c’était le titre professionnel que je passais à la fin. Toute la journée j’avais quelque chose à faire. Ça ne m’a pas trop pesé parce que je ne glandais pas. Je n’étais pas coincé dans ma chambre par les horaires, comme peuvent l’être certains. Par contre, il fallait que je justifie tous mes déplacements et mes rendez-vous. Il fallait toujours apporter un papier à tamponner. Le jour où j’ai eu rendez-vous avec une entreprise pour mon stage de fin de formation, il a aussi fallu faire tamponner un papier. J’ai trouvé ça dur.

Mais je retiens surtout du positif de ces quatre mois. Pour moi, ç’a été une bonne chose d’être hébergé à l’Îlot plutôt que chez mes parents. Comme ils habitent en banlieue, ç’aurait été difficile de suivre ma formation à l’autre bout de Paris. Et puis surtout j’apprécie l’accompagnement. Quand je suis sorti, ma référente m’a aidé à tout mettre à jour. Elle me donnait les adresses où me rendre, m’expliquait comment y aller en métro… c’était utile parce que beaucoup de choses avaient changé.

L’accompagnement de l’Îlot est une bonne chose. Beaucoup de résidents n’ont pas de famille et pour eux c’est encore plus important. Là je n’ai pas encore fini. Il faut passer le permis, trouver du travail, un logement à moi… et je suis en liberté conditionnelle jusqu’au printemps 2017. Je suis confiant. Après… il faut suivre les conseils qu’on vous donne !

 

Témoignage recueilli le 25 août 2016